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	<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>La rue Rosalie</title>
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		<dc:date>2014-10-08T19:29:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>Paul Foisy</dc:creator>


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		<dc:subject>Palais de Justice</dc:subject>
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&lt;p&gt;Par Philippe Pothier &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans le Courrier de Saint-Hyacinthe le 31 mai 1975 &lt;br class='autobr' /&gt; Cette jolie rue de Saint-Hyacinthe, bord&#233;e par les grands ormes du parc Dessaulles, tenait son nom de l'&#233;pouse du seigneur Jean Dessaulles, n&#233;e Rosalie Papineau, elle-m&#234;me s&#339;ur de Louis-Joseph Papineau, le grand patriote de 1837. Elle d&#233;bute au &#171; Mont d'or &#187; et se termine &#224; la gare du chemin de fer. D'apr&#232;s le proc&#232;s-verbal des rues (5 octobre 1888) elle &#171; commence sur le c&#244;t&#233; sud de la ligne du chemin de fer du Grand (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton234-ae5b2.jpg?1688733006' width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Par &lt;strong&gt;Philippe Pothier&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Publi&#233; dans le &lt;em&gt;Courrier de Saint-Hyacinthe&lt;/em&gt; le 31 mai 1975&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Cette jolie rue de Saint-Hyacinthe, bord&#233;e par les grands ormes du parc Dessaulles, tenait son nom de l'&#233;pouse du seigneur Jean Dessaulles, n&#233;e Rosalie Papineau, elle-m&#234;me s&#339;ur de Louis-Joseph Papineau, le grand patriote de 1837. Elle d&#233;bute au &#171; Mont d'or &#187; et se termine &#224; la gare du chemin de fer. D'apr&#232;s le proc&#232;s-verbal des rues (5 octobre 1888) elle &#171; commence sur le c&#244;t&#233; sud de la ligne du chemin de fer du Grand Tronc et se continue jusqu'&#224; la rue Girouard, sur une largeur de trente-trois pieds &#187;. Aujourd'hui elle se nomme rue de l'H&#244;tel-de-Ville.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Dans les premi&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle, de magnifiques maisons victoriennes l'encadraient du c&#244;t&#233; est &#224; partir de la rue Girouard. Il en reste encore quelques-unes. Parmi les citoyens en vue qui y ont r&#233;sid&#233; &#224; l'&#233;poque de mon enfance, il y avait le docteur Gaston Lapierre, devenu plus tard l'un des plus c&#233;l&#232;bres p&#233;diatres de Montr&#233;al. Il demeurait sur l'emplacement de l'&#233;difice actuel de l'H&#244;tel de ville. Vers le nord habitaient le docteur &#201;mile Saint-Jacques (qu'il ne faut pas confondre avec le docteur Eug&#232;ne Saint-Jacques, ancien maire de la ville), l'avocat Aim&#233; Gendron, p&#232;re du grand criminaliste Lucien Gendron, les marchands Henri Sicotte, Jules Richer et Arthur S&#233;guin, le notaire Elz&#233;ar Chabot, le greffier de la ville Solyme Carreau et le courtier d'assurance Edmond Duckett.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Mon p&#232;re avait lou&#233; de M. Jules Richer vers 1907 une coquette maison de briques &#224; pignon et &#224; deux &#233;tages avec galerie en fa&#231;ade tout pr&#232;s du trottoir. Elle faisait face au sinistre mur de pierre qui entourait la cour de la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Tout &#224; c&#244;t&#233; de la maison se trouvait un minuscule parterre o&#249; poussait un peu d'herbe envahie par le plantain et le pissenlit. Il n'y avait qu'un seul arbre, un &#233;rable d'assez bonne taille que mon p&#232;re entaillait au printemps. En &#233;t&#233;, nous allions tous les deux le soir d&#233;raciner des pissenlits, non pas pour en manger les feuilles, mais pour faire une tisane avec les racines qui, selon les herboristes, avait une certaine vertu contre la maladie et servait &#224; purifier le sang. C'&#233;tait amer &#224; faire grimacer.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Notre maison donnait sur la face lat&#233;rale du Palais de Justice et du logement du ge&#244;lier, le vieux p&#232;re Benoit, qui avait la garde des prisonniers dont on pouvait voir les fen&#234;tres des cellules munies de barreaux de fer par-dessus le mur du pr&#233;au. Des marguerites fleurissaient dans le champ entre le mur et la rue. Pr&#232;s de la porte d'entr&#233;e, il y avait une balan&#231;oire &#224; deux bancs o&#249; les vieilles filles Benoit venaient se bercer le soir sous un arbuste de lilas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L500xH634/Palais_justi3f13-ab428.jpg?1692352212' style=' border-width: 1px; border-style: solid; margin: 15px; float: right;' width='500' height='634' /&gt;&#192; l'intersection de la rue Dessaulles, dans l'assiette de la rue, se trouvaient d'immenses trappes en bois garnies de pentures ferr&#233;es qui fermaient un r&#233;servoir souterrain. Lorsque les voitures y passaient, l'on entendait le bruit sourd des sabots des chevaux et le roulement des roues aux jantes bard&#233;es d'acier. Plusieurs de ces citernes avaient &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;es en diff&#233;rents points de la ville, dont une beaucoup plus grande, sur la rue Girouard, face au parc Dessaulles. Elles servaient de r&#233;serve d'eau pour la brigade des pompiers au cas d'incendie dans le voisinage. Les pompes &#224; vapeur pouvaient y tirer une &#233;norme quantit&#233; d'eau sur place au lieu de la remonter de la rivi&#232;re qui &#233;tait encore assez &#233;loign&#233;e de la haute ville. Quand, quelques ann&#233;es plus tard, la distribution de l'eau fut am&#233;lior&#233;e par un nouveau r&#233;seau et l'installation des bornes-fontaines, les r&#233;servoirs furent remplis et l'on fit le pavage des rues.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; La rue Rosalie &#233;tait l'une des art&#232;res les plus achaland&#233;es de la ville. Elle conduisait &#224; la gare. Tout le monde voyageait par chemin de fer car il n'y avait aucun autre moyen de transport &#224; longue distance &#224; cette &#233;poque. Le seul trottoir qui longeait cette rue &#233;tait rempli &#224; toute heure de gens press&#233;s portant des valises de tous genres qui se h&#226;taient dans les deux sens.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Vers cinq heures, il y avait au moins une dizaine de trains qui arrivaient et partaient soit du c&#244;t&#233; de Montr&#233;al, de Qu&#233;bec, de Sherbrooke et de la c&#244;te du Maine. Vers 1910, une vingtaine de convois passaient par Saint-Hyacinthe sans compter les trains de fret. Quelques-uns avaient leur nom comme &#171; le Local, le Nicolet, l'Express Maritime et l'Oc&#233;an Limit&#233;e &#187;. Deux immenses tableaux noirs &#233;taient accroch&#233;s &#224; la devanture de la gare o&#249; l'on &#233;crivait &#224; la craie le num&#233;ro du convoi, sa destination et sa provenance, l'heure de l'arriv&#233;e et du d&#233;part ainsi que le retard pr&#233;vu. L'un servait au trafic vers l'est et l'autre vers Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Le &#171; Local &#187; partait tous les matins vers sept heures de Sainte-Rosalie pour Montr&#233;al. Il revenait &#224; midi, repartait un peu avant deux heures pour rentrer &#224; l'heure du souper. Le p&#232;re Casavant et son assistant, le grand H&#233;tu, les contr&#244;leurs du train, &#233;taient des personnages connus de toute la population et sont rest&#233;s, l&#233;gendaires dans la r&#233;gion. Le petit village de Sainte-Rosalie, &#224; quelque trois milles de Saint-Hyacinthe, &#233;tait alors un centre ferroviaire important avec d'immenses ateliers de r&#233;paration et plaques tournantes pour locomotives. C'&#233;tait un point de jonction tr&#232;s occup&#233; qui divisait la ligne du Grand Tronc allant vers Sherbrooke et les &#201;tats-Unis, et celle de l'Intercolonial qui se rendait jusqu'&#224; Halifax en passant par L&#233;vis et Qu&#233;bec. La petite ligne du Pacifique Canadien desservant Farnham et Saint-Guillaume passait aussi &#224; Sainte-Rosalie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Tous les h&#244;tels de la ville avaient leur omnibus, sorte de char &#224; bancs avec toit et petites fen&#234;tres sur les c&#244;t&#233;s, marchepied et porte &#224; l'arri&#232;re. Les cochers, soit pour ne pas manquer le train ou pour l'honneur de la maison, entreprenaient des courses et poussaient leurs chevaux au galop dans un nuage de poussi&#232;re et un vacarme infernal dignes des ar&#232;nes et des quadriges de l'Empire romain. Je vois toujours le charretier de l'H&#244;tel Canada, &#171; Tit Ange &#187; Jarret, fouettant sa monture &#224; tour de bras et vocif&#233;rant des encouragements de sa voix &#233;raill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Il y avait aussi des voitures de louage que l'on nommait &#171; voitures de charretier &#187;. L'&#233;t&#233;, l'on se servait des victorias &#224; deux bancs face &#224; face avec marchepieds de chaque c&#244;t&#233;, lanternes et garde-boue, mont&#233;es sur quatre roues caoutchout&#233;es et munies d'une capote en tissu imperm&#233;able. Les banquettes recouvertes d'un capitonnage de cuir manquaient souvent de rembourrage et l'on sentait les ressorts sous le si&#232;ge. L'hiver, on changeait de mod&#232;le. C'&#233;tait, soit la victoria d'&#233;t&#233; mont&#233;e sur patins avec de larges couvertures en peau de vache retombant sur l'arri&#232;re, soit le cab ou carrosse ferm&#233; avec portes lat&#233;rales perc&#233;es par une fen&#234;tre. On les appelait des &#171; carrioles &#187;. On pouvait toujours reconna&#238;tre ces voitures sans les voir par le carillon de leurs grelots qui sonnaient clair ou &#224; l'&#233;touff&#233;e selon que le temps &#233;tait limpide et sec ou humide et neigeux. C'&#233;tait le charme de cette &#233;poque que d'entendre tinter ces clochettes dans la neige, dans le soleil du matin ou le silence du soir. Jusqu'au Bon Dieu qui voyageait en voiture de charretier. T&#244;t le matin, le pr&#234;tre allait donner la communion &#224; un malade ou &#224; un mourant. Le cocher tenait &#224; la main une petite sonnette qu'il agitait au passage d'un pi&#233;ton qui se jetait &#224; genoux sur le trottoir et faisait un signe de croix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; La rue Rosalie r&#233;sonnait du sifflement des locomotives et du tintement de leurs cloches car toutes s'arr&#234;taient ici pour y faire le plein d'eau. Il n'&#233;tait pas facile de s'y habituer &#224; dormir. La rue Laframboise voisine n'&#233;tait pas moins bruyante. Les deux h&#244;tels pr&#232;s de la gare et leurs tavernes ainsi que le Grand H&#244;tel au bout de la rue, le bureau de vente des billets de chemin de fer, le bureau du t&#233;l&#233;graphe et des colis express, des restaurants, des &#233;piceries et une importante entreprise de voitures de louage apportaient &#224; cette rue l'animation d'une art&#232;re de grande m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Maintenant la rue Rosalie est devenue silencieuse. On peut y dormir paisiblement. Le progr&#232;s a donn&#233; &#224; ses riverains la tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Photo:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Vue du Palais de Justice du c&#244;t&#233; de la rue Rosalie lors de sa d&#233;molition en 1961.&lt;br /&gt; Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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