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	<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>Les d&#233;buts du syndicalisme &#224; Saint-Hyacinthe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Travail</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous avons retrouv&#233;, dans un de nos nombreux fonds d'archives, ce texte dont l'auteur demeure inconnu. Il question de travailleurs et de travailleuses qui cherchent &#224; se regrouper afin de former des syndicats. Nous vous le pr&#233;sentons &#224; titre indicatif, sans avoir v&#233;rifi&#233; les faits et les dates. Cela donne au moins des pistes de recherche et un regard original sur le monde du travail dans la premi&#232;re partie du XXe si&#232;cle &#224; Saint-Hyacinthe. &lt;br class='autobr' /&gt; Les d&#233;buts du syndicalisme &#224; Saint-Hyacinthe. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L150xH49/arton1198-6f64a.jpg?1688927134' width='150' height='49' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Nous avons retrouv&#233;, dans un de nos nombreux fonds d'archives, ce texte dont l'auteur demeure inconnu. Il question de travailleurs et de travailleuses qui cherchent &#224; se regrouper afin de former des syndicats. Nous vous le pr&#233;sentons &#224; titre indicatif, sans avoir v&#233;rifi&#233; les faits et les dates. Cela donne au moins des pistes de recherche et un regard original sur le monde du travail dans la premi&#232;re partie du XXe si&#232;cle &#224; Saint-Hyacinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Les d&#233;buts du syndicalisme &#224; Saint-Hyacinthe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; C'est le 6 mai 1919 que prit naissance, &#224; Saint-Hyacinthe, le mouvement syndical catholique. Les employ&#233;s de la maison Casavant et Fr&#232;re se groupent sous le nom de l'Union Nationale Catholique des Menuisiers. Cette union compte, au d&#233;but 61 membres. La maison Casavant accorde peu apr&#232;s, un contrat d'atelier ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; La m&#234;me ann&#233;e furent aussi fond&#233;s des syndicats groupant les m&#233;caniciens, les ferblantiers et plombiers, les boulangers, les peintres. Ces derniers syndicats, cependant, ne v&#233;curent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; En 1926, se sont les imprimeurs qui se groupent, suivis l'ann&#233;e suivante par les employ&#233;s du v&#234;tement, section de l'Empire Clothing.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Le Conseil Central des Syndicats National Catholiques de Saint-Hyacinthe est fond&#233; en 1927. Cette m&#234;me ann&#233;e, les travailleurs des m&#233;tiers de la construction qui, jusqu'&#224; cette date &#233;taient membres de l'Union des Menuisiers, se s&#233;parent de cette union et fondent leur propre syndicat. Au d&#233;but ce syndicat est mixte, compos&#233; de patrons et d'ouvriers. en 1929, il devient un syndicat form&#233; uniquement d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Au d&#233;but de 1935, les barbiers, coiffeurs et coiffeuses, patrons et employ&#233;s, se groupent. Un syndicat est form&#233; pour les patrons et artisans, un autre pour les employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;img alt=&#034;ouvriers et ouvrieres d'une usine de chaussures non-identifi&#233;e&#034; src=&#034;https://www.histoiredemaska.com/IMG/UserFiles/Images/histoireregionale/il_etait_une_fois/ch478 employ&#233;s-manufacture-de-chaussures.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt;Au mois de mai 1936, les ouvriers de la Consolidated Silk Mills demandent au Conseil Central de les former en syndicat. Encourag&#233;s par cet exemple, quelques employ&#233;s de Penmans limited, commencent &#224; parler d'organiser un syndicat. Peu de temps apr&#232;s ce syndicat est form&#233; sous le nom de Syndicat National du Tricot Inc. Ce sera le syndicat comptant le plus de membres.Puis ce sont les tanneurs et corroyeurs de Duclos et Payan; les employ&#233;s de Needlecraft et autres, &#224; se regrouper en syndicat, dont certains ne dur&#232;rent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; De 1936 &#224; 1942, le nombre de syndiqu&#233;s se maintient, mais ne connait pas de hausse appr&#233;ciable. Quelques syndicats disparaissent mais d'autres voient leurs effectifs augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; En 1942 est fond&#233; le Secr&#233;tariat du Travail Inc. On y engage un propagandiste. C'est la premi&#232;re fois que le mouvement syndical aura &#224; sa disposition une personne compl&#232;tement lib&#233;r&#233;e de toute autre attache. De concert avec le Conseil Central, une vaste campagne de promotion est d&#233;clench&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Durant les quelques ann&#233;es qui suivent, des syndicats sont form&#233;s dans la chaussure, le v&#234;tement (section Yamaska), les tanneurs et corroyeurs revivent, les employ&#233;s de magasins, les employ&#233;s des institutions religieuses, les employ&#233;s de Goodyear, Gotham, Caouette, St-Germain, J.M.S., Volcano, Duplex, Consolidated Silk.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Il existe en 1946, dans Saint-Hyacinthe, des conventions collectives avec extension juridique sign&#233;es &#224; Saint-Hyacinthe, par les patrons et employ&#233;s de Saint-Hyacinthe: Barbiers et coiffeurs; Construction; Commerces de D&#233;tail; Institutions Religieuses; Employ&#233;s li&#233;s par une convention collective avec extension juridique soit provinciale ou r&#233;gionale; Chaussure; Tanneurs et Corroyeurs; Imprimeurs; V&#234;tements fins pour hommes; Conventions collectives particuli&#232;res sign&#233;es par les syndicats locaux; Penmans Limited; Goodyear Cotton; J.A. &amp; M. C&#244;t&#233;; Duclos et Payan; Casavant Fr&#232;res; J. M. S.; St-Germain; Rita Shoe;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Entreprises et employ&#233;s qui sont en n&#233;gociations &#224; cette &#233;poque: Yamaska; Caouette; Gotham; Duplex; Consolidated; Volcano.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Avant les regroupements syndicaux, la condition des ouvriers, dans la plupart des industries &#233;taient lamentables, tant au point devue salaire que des conditions de travail, et aussi dans certains milieux, au point de vue moral.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; C'&#233;tait le temps ou le patron avait la plus compl&#232;te libert&#233; de stipuler les conditions de salaire et de reconna&#238;tre la personne ouvri&#232;re; plut&#244;t comme une machine, bonne &#224; rapporter des b&#233;n&#233;fices, que de la consid&#233;rer dans la dignit&#233; de la personne humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Nombre d'employ&#233;s, dans le textile, comme ailleurs, mari&#233;s, recevaient pour une semaine normale de travail de 48 heures ou de 55 heures, un salaire souvent inf&#233;rieur &#224; 10,00$. C'&#233;tait le cas des employ&#233;s de la construction en 1934. Les journaliers recevaient de 15&#162; &#224;20&#162; l'heure, les hommes de m&#233;tier, de 20&#162; &#224; 25&#162; l'heure. On pourrait ici mentionner des exemples par centaines, dans toutes les industries.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Proc&#233;dons par certains corps de m&#233;tiers seulement ou encore par certaines cat&#233;gories d'employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Prenons tout d'abord la construction. Lors de la mise en vigueur de la Loi de la convention collective avec extension juridique, les employ&#233;s de la construction, aid&#233;s par le Comit&#233; de Propagande du Conseil Central, se lancent au travail. Durant des semaines ils visitent patrons apr&#232;s patrons, afin de les faire consentir &#224; signer une convention collective de travail pour les travailleurs de la construction. On demande alors 45&#162; de l'heure pour les hommes de m&#233;tier et 35&#162; pour les journaliers. C'est une augmentation de presque 100%. La convention est sign&#233;e par un bon nombre de patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; La convention est ensuite adress&#233;e au Minist&#232;re du Travail pour recevoir son approbation. H&#233;las! la lutte ne fait que commencer. Un certain nombre de patrons, aid&#233;s d'un Monsieur&#8230; font obstacle. Ces derniers fondent un syndicat neutre d'employ&#233;s pour arriver &#224; leurs fins. Tout est bon pour eux, ill&#233;galit&#233;s et autres choses se succ&#232;dent. Avec l'appui et l'influence de certains particuliers ils r&#233;ussissent &#224; bouter dehors le syndicat catholique, partie signataire, et le remplacer par l'Union neutre, appel&#233;e dans le temps, l'Union fant&#244;me et font accepter leur propre convention avec une diminution de salaire de 10&#162; l'heure pour les hommes de m&#233;tier et de 5&#162; l'heure pour les journaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; On sera surpris dans certains milieux de constater la diff&#233;rence existant, dans le temps, avec d'autres centres, mais vous avez l&#224; la r&#233;ponse.La premi&#232;re convention partant avec une diff&#233;rence de 10&#162; l'heure, cette diff&#233;rence fut toujours difficile &#224; surmonter. Deux ans apr&#232;s la premi&#232;re signature de cette convention, le syndicat r&#233;ussissait &#224; devenir seule partie ouvri&#232;re signataire, et c'est depuis ce temps, que les taux de salaires ont continuellement augment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Deux augmentations successives, ces derni&#232;res ann&#233;es (nous sommes en 1946, ne l'oubliez pas!) soit de 5&#162; et de 7&#162; de l'heure ont plac&#233; les ouvriers de la construction de Saint-Hyacinthe dans une position aussi avantageuse que les employ&#233;s de la construction de centres de m&#234;me population.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; En 1935, les barbiers s'entendent et signent leur convention. Quelles &#233;taient les conditions de travail et de salaire avant cette convention? Des heures interminables de 80 &#224; 90 heures par semaine, un salaire maximum variant de 8,00$ &#224; 12,00$ par semaine pour les barbiers; 5,00$ &#224; 6,00$ pour les coiffeuses. Les patrons barbiers, dans la plupart des cas, se comptaient chanceux de retirer un salaire net de 18,00$ par semaine. Les temps ont chang&#233;s depuis cette date!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Durant la guerre, &#224; Sorel, des employ&#233;s barbiers ont fait jusqu'&#224; 50,00$ par semaine; &#224; Saint-Hyacinthe, n'ayant pas d'industries dites essentiellement de guerre, des employ&#233;s ont fait 36,00$ et plus par semaine. Je pourrais citer ici nombre de cas semblables, tant chez les employ&#233;s que chez les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; En 1945, les Institutions Religieuses et leurs employ&#233;s signent une convention collective de travail avec extension juridique, pour tout le dioc&#232;se. C'est la premi&#232;re convention du genre au Qu&#233;bec et au pays, et , &#224; ma connaissance, la seule existant dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Photo:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Employ&#233;s et employ&#233;es d'une manufacture de chaussure non-identifi&#233;e au tournant des XIXe et XXe si&#232;cles.&lt;br /&gt; Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH478 Collection photographies et illustrations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le travail durant les vacances</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Saint-Hyacinthe</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Philippe Pothier &lt;br class='autobr' /&gt; &#8203;Publi&#233; dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 20 mai 1992. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout comme de nos jours, plusieurs jeunes &#233;tudiants de mon temps, avaient de l'emploi durant les vacances. &lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait plus facile de le trouver dans le m&#233;tier du p&#232;re. Ainsi certains de mes compagnons tels : Robert Lafrance travaillait au magasin de gros de son p&#232;re, il effectuait la livraison. Eug&#232;ne Marchand faisait s&#233;cher des chaussettes &#224; la petite tricoterie de son p&#232;re sur la place du March&#233; &#224; foin. Ben Beno&#238;t (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton635-de332.jpg?1688732710' width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Par Philippe Pothier&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &#8203;Publi&#233; dans &lt;em&gt;Le Courrier de Saint-Hyacinthe&lt;/em&gt; le 20 mai 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout comme de nos jours, plusieurs jeunes &#233;tudiants de mon temps, avaient de l'emploi durant les vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il &#233;tait plus facile de le trouver dans le m&#233;tier du p&#232;re. Ainsi certains de mes compagnons tels : Robert Lafrance travaillait au magasin de gros de son p&#232;re, il effectuait la livraison. Eug&#232;ne Marchand faisait s&#233;cher des chaussettes &#224; la petite tricoterie de son p&#232;re sur la place du March&#233; &#224; foin. Ben Beno&#238;t s'occupait de l'administration des nombreux logements de son p&#232;re. Georges Lussier faisait les vacations &#224; la Cour pour l'&#233;tude l&#233;gale de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quant &#224; moi, pendant un &#233;t&#233; j'ai travaill&#233; &#224; la manufacture Maple Leaf Overall, rue Mondor. Cette industrie &#233;tait la propri&#233;t&#233; de monsieur Edmond Charron qui avait d&#233;m&#233;nag&#233; sa petite usine de Saint-Denis &#224; Saint-Hyacinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'on y confectionnait des salopettes de toutes sortes, des vareuses, des &#8220;frocs&#8221; ainsi que les gros pantalons de travail. J'&#233;tais employ&#233; au d&#233;partement de l'emballage. Nous devions remplir des caisses de marchandises &#224; m&#234;me le stock pour satisfaire aux commandes des grossistes &#224; travers le Canada et des grands magasins de d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon patron imm&#233;diat &#233;tait &#201;mile Brousseau, oncle de Bernadette [une copine au club de tennis Les Compagnons]. Nous &#233;tions trois employ&#233;s avec le p&#232;re Brousseau. Mon compagnon de travail &#233;tait un nomm&#233; Camille Rousseau, fr&#232;re du juge Maurice Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai commenc&#233; au salaire de cinq dollars par semaine, dix heures par jour, du lundi au samedi &#224; midi. Je fus bient&#244;t augment&#233; &#224; sept dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je me rappelle que dans l'apr&#232;s-midi, la faim nous prenait. Chacun &#224; tour de r&#244;le allait chercher des beignes &#224; la gel&#233;e chez le p&#226;tissier Didace Rodier, ainsi que des liqueurs douces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour manger nous devions nous enfouir au fond d'une caisse pour ne par &#233;veiller l'attention du p&#232;re &#201;mile et lui laisser &#233;chapper un &#8220;torrieux&#8221;. Incroyable de nos jours, ce man&#232;ge &#233;tait pourtant un rituel obligatoire. Nous &#233;tions loin de la pause-caf&#233;, o&#249; des cantines ambulantes circulent sur les lieux de travail et offrent un choix vari&#233; de produits alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce travail durant les vacances nous rapportaient une petite fortune de quarante &#224; cinquante dollars. Bien s&#251;r, ce genre de travail n'&#233;tait disponible qu'&#224; un certain &#226;ge, soit vers douze ou treize ans. Avant cela les vacances se passaient en jeux de toutes sortes et aussi je me souviens tr&#232;s bien que nous allions dans la famille de mon p&#232;re, chez l'oncle M&#233;d&#233;ric qui demeurait sur une ferme &#224; La Banlieue [pr&#232;s de Trois-Rivi&#232;res].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src=&#034;http://www.histoiredemaska.com/IMG/UserFiles/Images/histoireregionale/histoire_dici//travail-vacances.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; Je vais vous raconter de quelle fa&#231;on nous passions nos journ&#233;es &#224; cette ferme. Les hommes coupaient le foin, le ratissaient pour en faire des andins qui &#233;taient ensuite ramass&#233;s en &#8220;veilloches&#8221;. un brancard passait dans les rang&#233;es et les &#8220;veilloches&#8221; &#233;taient mont&#233;es sur la charge &#224; bout de bras. Un homme fort pouvait prendre une &#8220;veilloche&#8221; d'une seule fourch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aux enfants &#233;tait confi&#233;e la t&#226;che de faire des &#8220;liens&#8221;. Nous devions prendre dans la &#8220;veilloche&#8221; une bonne poign&#233;e de brins dont on enroulait le bout sur un petit b&#226;ton rond et l'on tirait tout en faisant tourner le b&#226;ton. Le foin suivait et s'allongeait en s'entortillant comme la laine d'un ballot sur le peigne de la carde. Lorsque le cordon &#233;tait assez long pour la grosseur du tas, on en tordait l'extr&#233;mit&#233; pour emp&#234;cher qu'il se d&#233;roule et on l'&#233;tendait sur le sol. Des hommes suivaient qui passaient la bande sous le mulon et l'attachaient d'un seul tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand venait la r&#233;colte de l'orge, on nous employait &#224; faire des javelles. On disait des &#8220;stouques&#8221;. Il fallait ramasser des tiges &#224; la brass&#233;e et les placer debout, appuy&#233;es les unes sur les autres, l'&#233;pi au sommet. C'&#233;tait l'ouvrage le plus d&#233;sagr&#233;able de nos travaux des champs. Les barbes p&#233;n&#233;traient jusqu'&#224; la peau et provoquaient une violente d&#233;mangeaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les vacances que j'ai pass&#233;es chez les soeurs et fr&#232;res de mon p&#232;re demeurent grav&#233;es dans mon souvenir jusque dans les moindres d&#233;tails et furent des temps tr&#232;s heureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Photo: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La r&#233;colte &#224; Saint-Prime. &lt;em&gt;Le Monde illustr&#233;&lt;/em&gt;, Vol 11 no 538, 25 ao&#251;t 1894,p. 198.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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