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	<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe</title>
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		<title>Une enfance au cimeti&#232;re (2)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Saint-Hyacinthe</dc:subject>
		<dc:subject>Cimeti&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Jean-Jacques Lincourt &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe le 1er juin 2017. &lt;br class='autobr' /&gt; Comme le veut la tradition rurale et familiale paternelle, les gar&#231;ons, l'&#226;ge de raison venu, participent aux travaux des champs ou aux corv&#233;es de la maisonn&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Mes fr&#232;res, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1960, prennent donc part aux travaux d'entretien du cimeti&#232;re. Pour ma part, j'occupe, &#224; partir de l'&#226;ge de quatorze ans, mes vacances scolaires &#224; tondre l'abondante pelouse du cimeti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Mes fr&#232;res ayant pr&#233;f&#233;r&#233; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://histoire.a3communications.ca/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/" rel="directory"&gt;Histoire d'ici&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://histoire.a3communications.ca/mot/cimetiere" rel="tag"&gt;Cimeti&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton798-813ee.jpg?1688717698' width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Par Jean-Jacques Lincourt &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Publi&#233; dans &lt;em&gt;Le Courrier de Saint-Hyacinthe &lt;/em&gt;le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Comme le veut la tradition rurale et familiale paternelle, les gar&#231;ons, l'&#226;ge de raison venu, participent aux travaux des champs ou aux corv&#233;es de la maisonn&#233;e.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mes fr&#232;res, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1960, prennent donc part aux travaux d'entretien du cimeti&#232;re. Pour ma part, j'occupe, &#224; partir de l'&#226;ge de quatorze ans, mes vacances scolaires &#224; tondre l'abondante pelouse du cimeti&#232;re.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mes fr&#232;res ayant pr&#233;f&#233;r&#233; d'autres occupations, je suis le seul des fils qui pers&#233;v&#232;rera &#224; effectuer ces travaux manuels qui, par ailleurs, me conviennent parfaitement. Le reste de mon temps est consacr&#233; &#224; mon &#233;ducation au S&#233;minaire de Saint-Hyacinthe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les semaines de travail sont presque exclusivement remplies de ces travaux de tonte, sauf les quelques interruptions pour aider mon oncle Georges, l'autre employ&#233; du cimeti&#232;re, qui lui, s'occupe principalement des enterrements et du creusage des fondations pour les monuments. Une excavatrice est appel&#233;e selon le besoin pour le creusage des fosses, surtout pour les six pieds.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src=&#034;http://www.histoiredemaska.com/IMG/UserFiles/Images/histoireregionale/histoire_dici/mon enfance au cimetiere/2-2016_09_20_103816.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt;&lt;br /&gt; &#192; partir de l'automne, lorsque la pelouse cesse de cro&#238;tre, je suis le seul employ&#233; &#224; assister mon p&#232;re. Le samedi est souvent une journ&#233;e choisie par les familles pour la c&#233;l&#233;bration fun&#233;raire de leur d&#233;funt. Comme c'est encore l'&#233;poque o&#249; l'enterrement est le moyen presque exclusif de disposition des d&#233;pouilles mortelles, il n'est pas rare que nous ayons, le samedi, deux, parfois trois fosses &#224; creuser.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mon p&#232;re me disait : &#171; Tibi (surnom que je portais &#224; la maison comme les autres avaient le leur), je donne 20 $ &#224; la p&#233;pine; si tu veux creuser la fosse, l'argent est &#224; toi &#187;. Je m'empresse d'accepter et me retrouve donc ces samedis &#224; creuser, &#224; la pelle, une ou deux fosses de quatre pieds de profondeur, les six pieds n&#233;cessitant deux hommes ou l'excavatrice. J'assure ainsi grassement mes d&#233;penses personnelles. En ce d&#233;but des ann&#233;es 1970, un adolescent gagnant 40 $ la journ&#233;e n'a pas &#224; se plaindre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai donc, &#224; la fin des ann&#233;es 1960, durant six ann&#233;es, pratiqu&#233; ce sain m&#233;tier de fossoyeur. Mes amis et autres contemporains de la brasserie &#171; Chez Willie &#187;, fond&#233;e par Willie Lamothe, c&#233;l&#232;bre chanteur maskoutain, m'appellent Tibi notre ami le fossoyeur (et me le chantent sur l'air de Skippy le kangourou, pour ceux qui connaissent!)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'appr&#233;cie bien ces blagues, car j'aime bien mon m&#233;tier qui me permet de rester &#224; l'ext&#233;rieur et poursuivre mon contact avec cette nature qui me nourrit int&#233;rieurement. J'aime le calme et la solitude du cimeti&#232;re ainsi que le grand air qui vivifie. &#192; l'instar de Julien, notre fossoyeur chroniqueur, je peux dire qu'une journ&#233;e qui d&#233;bute la pelle &#224; l'&#233;paule, qui se poursuit &#224; d&#233;ployer les efforts r&#233;p&#233;t&#233;s du creusage, puis &#224; s'enfoncer graduellement dans le sol, pellet&#233;e apr&#232;s pellet&#233;e, n'a pas son pareil. J'ajoute qu'il n'y a rien de tel pour pr&#233;parer une bonne nuit de profond sommeil r&#233;parateur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Durant cette p&#233;riode, en 1973, mon parcours au S&#233;minaire est termin&#233; et j'arrive &#224; ma majorit&#233;. Mon avenir n'&#233;tant pas encore clairement trac&#233; apr&#232;s l'obtention de mon certificat de secondaire V, je poursuis mon travail au cimeti&#232;re et entreprends une autre saison jusqu'au moment o&#249; d'autres passions viendront remplacer les premi&#232;res.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En guise de conclusion, je vous soumets certaines r&#233;flexions. Aujourd'hui, la croissance &#233;conomique continuelle s'&#233;tant accompagn&#233;e d'un d&#233;veloppement urbain &#224; l'avenant, la ville a rejoint la p&#233;riph&#233;rie et parfois, les cimeti&#232;res. Il n'y a qu'&#224; voir l'&#233;tendue de toutes ces localit&#233;s situ&#233;es le long de l'autoroute 20 entre Montr&#233;al et Qu&#233;bec pour constater ce tentaculaire d&#233;veloppement des villes. Les cimeti&#232;res ainsi devenus partie int&#233;grante du tissu urbain, se transforment en espaces verts tr&#232;s utiles &#224; la pr&#233;servation d'une certaine qualit&#233; du milieu notamment par un apport non n&#233;gligeable &#224; l'assainissement de l'air et &#224; la lutte aux &#238;lots de chaleur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Encore faut-il que ces nouveaux espaces verts soient bien pourvus d'une canop&#233;e arbor&#233;e qui est souvent, et l&#224; aussi, pour de nombreuses raisons, d&#233;ficiente. Nonobstant cet aspect urbanistique, la pr&#233;sence d'arbres dans un cimeti&#232;re donne du caract&#232;re aux lieux et procure de nombreux b&#233;n&#233;fices.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce sont ces questions que j'aimerais porter &#224; l'attention et &#224; la r&#233;flexion des lecteurs de cette chronique et &#233;ventuellement susciter des actions de valorisation de ces espaces d&#233;j&#224; riches en patrimoine mat&#233;riel et immat&#233;riel. J'ai la conviction que le r&#244;le environnemental jou&#233; par ces espaces, aussi bien quant &#224; la pr&#233;servation de la biodiversit&#233; et de ses bienfaits que quant &#224; la qualit&#233; du milieu de vie des vivants, constitue une excellente raison de plus pour conserver et valoriser ces sites de grande valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt;Photo:&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt;Cette photo du cimeti&#232;re montre les arbres plant&#233;s en 1978, par l'auteur de l'article. Collection Jean-Jacques Lincourt.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt;Cet article est le deuxi&#232;me d'une s&#233;rie de deux.&lt;br /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.histoiredemaska.com/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/article/une-enfance-au-cimetiere-1&#034;&gt;&lt;&lt; Article 1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une enfance au cimeti&#232;re (1)</title>
		<link>https://histoire.a3communications.ca/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/article/une-enfance-au-cimetiere-1</link>
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		<dc:date>2017-08-31T12:37:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Foisy</dc:creator>


		<dc:subject>Saint-Hyacinthe</dc:subject>
		<dc:subject>Cimeti&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Jean-Jacques Lincourt &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe, le 27 avril 2017. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le cadre des c&#233;l&#233;brations du 25e anniversaire de l'&#201;comus&#233;e de l'Au-del&#224;, j'ai &#233;t&#233; invit&#233; en novembre dernier (2016) &#224; faire une courte pr&#233;sentation sur mon enfance au cimeti&#232;re de la cath&#233;drale &#224; Saint-Hyacinthe. L'objet de cette pr&#233;sentation prenait mon enfance comme pr&#233;texte, mais voulait en fait ouvrir la porte sur un aspect beaucoup plus vaste qu'est celui des cimeti&#232;res en tant qu'espaces verts urbains. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://histoire.a3communications.ca/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/" rel="directory"&gt;Histoire d'ici&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://histoire.a3communications.ca/mot/cimetiere" rel="tag"&gt;Cimeti&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://histoire.a3communications.ca/local/cache-vignettes/L116xH150/arton797-c0b96.jpg?1688717698' width='116' height='150' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Par Jean-Jacques Lincourt &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Publi&#233; dans &lt;em&gt;Le Courrier de Saint-Hyacinthe&lt;/em&gt;, le 27 avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Dans le cadre des c&#233;l&#233;brations du 25e anniversaire de l'&#201;comus&#233;e de l'Au-del&#224;, j'ai &#233;t&#233; invit&#233; en novembre dernier (2016) &#224; faire une courte pr&#233;sentation sur mon enfance au cimeti&#232;re de la cath&#233;drale &#224; Saint-Hyacinthe. L'objet de cette pr&#233;sentation prenait mon enfance comme pr&#233;texte, mais voulait en fait ouvrir la porte sur un aspect beaucoup plus vaste qu'est celui des cimeti&#232;res en tant qu'espaces verts urbains. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Je d&#233;die cette chronique &#224; mon p&#232;re, grand vivant parmi les morts, d&#233;c&#233;d&#233; alors qu'il habitait encore la maison du cimeti&#232;re de la cath&#233;drale en 1992.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La maison du cimeti&#232;re de la cath&#233;drale &#224; Saint-Hyacinthe fut construite dans le dernier quart du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt; &lt;/sup&gt;si&#232;cle. La construction d'un charnier pour l'entreposage des d&#233;pouilles en hiver et un grand garage compl&#233;t&#232;rent l'installation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mon p&#232;re y prit ses fonctions en 1953 et y installa sa famille alors compos&#233;e de deux jeunes gar&#231;ons. Je vins m'y ajouter et vis le jour dans cette maison m&#234;me en 1955. Nous occup&#226;mes cette maison et ces lieux durant presque quarante ans o&#249; mon p&#232;re, Jean Lincourt, assurait la conduite des activit&#233;s d'enterrement et d'entretien du cimeti&#232;re sous la supervision du procureur de la Corporation &#233;piscopale catholique romaine du dioc&#232;se de Saint-Hyacinthe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src=&#034;http://www.histoiredemaska.com/IMG/UserFiles/Images/histoireregionale/histoire_dici/mon enfance au cimetiere/1-Vue-a&#233;rienne-Casavant-AM-82-1950_web.jpg&#034; style='max-width: 500px; max-height: 10000px' /&gt;La propri&#233;t&#233; dioc&#233;saine est situ&#233;e dans un secteur p&#233;riph&#233;rique de la ville, dans la paroisse de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur et, plus pr&#233;cis&#233;ment, au lieu-dit du &#171; village Casavant &#187;. Il est compos&#233; de plusieurs &#233;l&#233;ments, dont le cimeti&#232;re lui-m&#234;me qui s'&#233;tend sur une superficie d'une dizaine d'hectares et qui est bord&#233; dans sa partie sud par la rivi&#232;re Yamaska. Un autre cimeti&#232;re plus &#224; l'est, celui de la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire, plus modeste, longe &#233;galement la rivi&#232;re. &#192; cette &#233;poque, en face, au nord, la ferme laiti&#232;re du S&#233;minaire de Saint-Hyacinthe, sa maison et ses d&#233;pendances sont occup&#233;es par la famille Perrault.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le s&#233;minaire, plus &#224; l'ouest, accueille de nombreux &#233;tudiants du cours classique depuis 1853 et est entour&#233; de vastes parterres, de terrains sportifs et de bois&#233;s. Entre les deux, l'usine des fr&#232;res Casavant &#8211; d'o&#249; le nom du village &#8211; facteurs d'orgues mondialement connues, procure du travail &#224; la cinquantaine de familles qui habitent les quelques rues avoisinantes. Enfin, au centre, &#233;tait situ&#233;e l'&#233;cole Saint-Antoine qui accueillait les petits du village et ceux du rang du Rapide-Plat, de la premi&#232;re &#224; la septi&#232;me ann&#233;e.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'est donc dans ce petit monde, si vaste et si magique dans nos t&#234;tes d'enfants que nous faisons nos premiers pas. Que de beaux &#233;t&#233;s nous avons pass&#233;s aux sons des orgues accord&#233;es par les musiciens qui nous parvenaient des fen&#234;tres grandes ouvertes des ateliers!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sans trop m'allonger, car ces souvenirs pourraient composer un grand r&#233;cit, j'&#233;voquerai celui du p&#232;lerinage annuel qui a lieu chaque premier dimanche du mois de septembre. C'est la rentr&#233;e, nous avons d&#233;j&#224; amorc&#233; l'ann&#233;e scolaire ou nous nous appr&#234;tons &#224; le faire. L'&#233;t&#233; est termin&#233;, mais il persiste encore, au centre de la journ&#233;e, un air chaud, estival, malgr&#233; les nuits qui commencent &#224; fra&#238;chir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le cimeti&#232;re a &#233;t&#233; astiqu&#233; durant la semaine pr&#233;c&#233;dente, les bordures des all&#233;es taill&#233;es, la pelouse tondue. Une odeur de gazon fra&#238;chement coup&#233; flotte dans l'air. La veille, samedi, mon p&#232;re a pr&#233;par&#233; l'estrade pour la grand'messe que le cur&#233; de la cath&#233;drale viendra dire devant la statue de Saint-Joseph, &#224; l'entr&#233;e principale du cimeti&#232;re.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dimanche matin, il fait beau, la journ&#233;e s'annonce lumineuse et nous compl&#233;tons les derniers pr&#233;paratifs par l'installation des tapis-gazon et d'un fil &#233;lectrique pour le microphone. Les gens arrivent, assistent &#224; la messe et vont par la suite d&#233;poser des brass&#233;es de gla&#239;euls et autres r&#233;coltes fleuries devant le monument fun&#233;raire familial. Il y a des fleurs partout.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Apr&#232;s la messe, en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, c'est le moment que j'attends le plus. L'orchestre philharmonique de Saint-Hyacinthe viendra d&#233;filer jusqu'&#224; la pierre tombale de L&#233;on Ringuet, musicien et compositeur, directeur de la Philharmonique pendant plus d'un demi-si&#232;cle. J'admire la trentaine de musiciens v&#234;tus de leur bel uniforme de parade bourgogne et or qui forment leur ordre de marche et s'&#233;branlent. Arriv&#233;e &#224; destination, devant le monument, la troupe fait halte puis : demi-tour &#224; gauche! La Philharmonique ex&#233;cute alors quelques airs originaux de L&#233;on Ringuet. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Toujours &#233;bahi par ce spectacle, je surveille le moindre mouvement des musiciens, j'enregistre la moindre note. Puis, apoth&#233;ose supr&#234;me, un trompettiste se d&#233;tache du groupe et, dans un grand et lent moment de solennit&#233; paralysante, il ex&#233;cute la sonnerie aux morts. Tous se taisent, s&#233;rieux, recueillis. Un lourd silence s'abat sur la foule, rompu uniquement par le bruissement des feuilles de peupliers qui s'agitent au loin, pr&#232;s de la rivi&#232;re. Le musicien reprend son rang, la fanfare reprend son parcours. C'est la fin de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Photo: &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Vue a&#233;rienne de Casavant Fr&#232;res et du cimeti&#232;re, 1950. Collection Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe, CH116.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: justify;&#034;&gt; Cet article est le premier d'une s&#233;rie de deux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.histoiredemaska.com/histoire/histoire-regionale/histoire-d-ici/article/une-enfance-au-cimetiere-2&#034;&gt;Article 2 &gt;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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