L’hiver 1883 a été un hiver froid et neigeux. Arrivée au printemps, une grande accumulation de neige est toujours intacte, et ce, sur tout le territoire maskoutain. Comme craint par les autorités, une température trop élevée pourrait produire une inondation, puisque la chaleur ferait fondre la neige qui, transformée en eau, s’écoulerait en quantité importante vers la rivière la faisant gonfler.
C’est ce qui se produit le 12 avril, lorsqu’une chaude journée de printemps provoque la débâcle dans la partie inférieure de la rivière. Manque de chance, un embâcle se forme alors naturellement en aval du barrage, vis-à-vis le Séminaire de Saint-Hyacinthe et l’eau inonde la partie basse de la ville. Le Courrier évalue à 150 le nombre de maisons inondées à ce moment, qui touche les résidences de la rue Saint-Antoine. Le 13 avril, au plus fort de l’inondation, le toit de certaines maisons les plus près de la rivière, dépassent à peine de l’eau. Si cet épisode provoque des dommages considérables aux habitations, il est important de noter qu’il n’y a pas encore de dégâts imputables au courant de l’eau. En effet, l’eau n’a fait que gonfler, inondant les rues et les caves. Plus tard, cette même journée, une brèche se forme dans l’embâcle et le niveau de l’eau réduit légèrement.

La situation semble vouloir se résorber jusqu’à ce que se produise le même jour, cette fois en après-midi, une autre débâcle en amont de la rivière, en haut du barrage. Cette nouvelle glace, emportée par le courant, détruit les quais et les remises sur la berge, trop peu ancrées au sol. Ces débris sont propulsés, tels des projectiles sur le barrage qui cède à trois endroits sous l’impact. N’ayant plus rien pour la retenir, l’eau frappe le pont Barsalou qui est emporté . Heureusement les ponts Morison et de la Société réussissent à rester en place, mais non sans dommage. Le courant abîme la chaussée, emportant les trottoirs. Les dégâts sont évalués par Le Courrier, entre 12 000 et 15 000 dollars.
Le barrage étant détruit, le niveau de l’eau en amont de la ville est complètement déséquilibré. Ce phénomène a pour première conséquence de complètement paralyser les industries se trouvant sur le bord de l’eau, mettant les ouvriers au chômage, le temps de réparer le barrage. De plus, les pompes de l’aqueduc de la ville ne touchent plus à l’eau, puisque celle-ci est devenue bien plus basse. La ville est donc privée d’eau potable durant plusieurs jours.
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