La reconstruction


Après la destruction apportée par les inondations, il incombe à la ville et aux citoyens de nettoyer les dégâts occasionnés par celles-ci. Ainsi, les ponts, les trottoirs et les barrages endommagés doivent être réparés afin de permettre un retour à la vie normale. 

Il est intéressant de remarquer que les ponts maskoutains ont autrefois appartenu à des particuliers. Ces entrepreneurs doivent user de leurs propres moyens afin de les entretenir ou, lorsqu’ils sont détruits par les inondations, de les reconstruire. Après le rachat des droits de passages par la Ville en 1912, c’est à la Ville que la reconstruction incombe. On fait alors appel à des promoteurs afin d’effectuer l’évaluation des coûts du nouveau pont et de faire des offres de services. Vous pouvez voir à quoi ressemble ce genre de documents à droite. 

Aussi, des fonds sont alloués afin de réparer les trottoirs emportés et de nettoyer les rues. En effet, les rues se retrouvent complètement couvertes d’une couche de limon, là où il y a eu une accumulation d’eau. En plus du limon, il faut aussi déblayer les blocs de glace et les débris qui ont été déposés par le courant. Ces blocs peuvent parfois atteindre des tailles immenses ! Qui plus est, une grande opération de pompage de l’eau doit être mise en branle par les résidents pour retirer l’eau qui s’est accumulée dans les sous-sols. En 1936, la Ville fait même appel au Service de pompier et leur pompe à vapeur afin d’accélérer le déblayage de l’eau. C’est le cas aussi des écoles qui doivent retirer l’eau de leur sous-sol afin de faire fonctionner les fournaises qui servent à chauffer le bâtiment afin de rouvrir. Une opération d’assainissement doit ensuite être mise au point afin d’enlever toute humidité des soubassements. Les autorités distribuent donc de la chlorure de chaux, selon les conseils du comité d’hygiène, afin d’en répandre dans les sous-sols inondés.

Finalement, la recherche a révélé que la Ville a déjà versé des indemnités aux victimes des inondations notamment en 1936. Durant ces occasions, le conseil municipal de ville ordonne l’évaluation de l’étendue des dégâts. Tout est consigné sur une liste comportant les noms des victimes et les pertes qu’elles ont encourues. Vous pouvez voir l’une de ces listes en photo. Il est ensuite discuté au conseil municipal le montant à défrayer pour les victimes. Cette question d’octroyer, ou non, des indemnités semble toujours avoir eu une résonnance politique. En effet, en 1936, c’est le maire Télesphore-Damien Bouchard qui autorise cette mesure de secours, à quelques semaines des élections. Or, il lui est reproché par ses opposants politiques d’utiliser cette mesure à ses propres fins, lui qui n’a rien fait lors des inondations de 1927.

◄ Section précédente     Section suivante