Vous l’aurez sans doute compris, les inondations sont des situations critiques où, dans les pires moments, plusieurs familles se retrouvent en situation de détresse. Pour venir en aide aux sinistrés, les policiers, mais aussi des civils, mettent la main à la pâte afin de sauver les victimes.
Celles-ci peuvent se retrouver dans une dangereuse position, puisqu’il est possible de rester coincé dans son domicile, entouré d’un fort courant. Certains inondés se retrouvent donc contraints de devoir quitter leur domicile complètement inondé. Dans cette situation, il s’agit donc, pour les autorités et les bons samaritains, d’effectuer une opération d’évacuation.
Ce genre de manœuvre semble avoir laissé peu de traces dans les archives policières, puisqu’aucune source de ce genre n’a été trouvée. On ne peut donc que spéculer sur la façon dont le sauvetage s’organise. Durant l’inondation du 21 avril 1939, il est rapporté dans Le Courrier que des sauveteurs, sous la direction de la police, ont passé la journée à diriger les victimes vers les lieux sécuritaires, prévus à cet effet. Même chose pour l’inondation de 1862 où le Le Courrier remercie « tous ceux […] qui se distinguèrent par leur bravoure » au moment de l’inondation . Dans tous les cas, des policiers dirigent les citoyens afin de distribuer des bateaux et d’évacuer la population le plus rapidement possible. En 1936, le chef de police Adjutor Bourgeois, aidé par le service d’incendie, va même jusqu’à prendre la décision de réquisitionner les bateaux pour secourir la population. L’opération de sauvetage se fait alors à la chaloupe ou à dos de cheval, même si à certains endroits, ceux-ci perdent pied tant l’eau est profonde.
Les lieux sécuritaires ver lesquels les autorités dirigent les inondées restent sensiblement les mêmes d’année en année. L’établissement le plus fréquemment utilisé est l’étage supérieur du marché centre, qui sert à plusieurs reprises à accueillir les familles durant les quelques jours que pouvait durer l’inondation. Ce lieu spacieux et près du quartier n’a jamais été inondé, il est donc parfait pour accueillir les sinistrés. Un autre lieu servant d’abris est l’Ouvroir Sainte-Geneviève, qui se situe sur la rue Saint-Antoine, entre les avenues Duclos et Sainte-Marie, dont les étages en hauteur sont bien à l’abri de l’eau. Comme le dit Mgr Choquette, l’Ouvroir est une « succursale » de l’Hôtel-Dieu dont le but était de venir en aide aux pauvres, aux femmes et aux enfants. En ces temps critiques, des personnes se sont réfugiées à l’intérieur de ce bâtiment notamment durant l’inondation de 1936. Les religieuses qui dirigent l’établissement contribuent à la distribution de vivres. Finalement, d’autres bâtiments, mis à la disposition par des propriétaires charitables, ont pu servir aussi de refuges publics. Par exemple, les salles du Club libéral du quartier un a déjà servis d’abris en 1936.
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